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28/11/2007

L'art aux grands magasins (par Sylvie)

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                                                                                                Ils s'y mettent tous, les magasins parisiens, et grâce à eux le quidam n'a pas besoin d'aller au musée pour voir des oeuvres d'art contemporain. Elles viennent à lui, comme le Lagardère du roman d'Alexandre Dumas.

Les galeries Lafayette ont choisi une méthode presque classique. "La galerie des Galeries" est un espace spécifique dédié à l'art contemporain, une galerie-grotte située au premier étage du magasin principal, entre mode et chaussures. A l'automne 2007, "Antidote" présentait une dizaine d'artistes français, confirmés ou émergents, appartenant à la collection de Guillaume Houzé, digne héritier du fondateur du magasin. Emballant, en particulier la sculpture aplatie accrochée au mur de Sylvain Rousseau, tableau-objet gai et ludique, trompe-l'oeil évocateur d'espace....Clin d'oeil à Franck Stella.

Du 21 novembre au 24 janvier 2008, pour la folie de fin d'année en quelque sorte - et l'on en sait l'affluence - va s'y célébrer les 20 ans de création de Christian Lacroix qui a invité trois artistes révélés au festival d'Hyères: David Dubois,Christian Rizzo, danseur chorégraphe et Daniel Firman, pour une histoire de décalages sensé mettre en valeur la transversalité entre mode, arts plastiques et design. On veut bien le croire, mais de là à être convaincue... Personne en tous cas ne semble y gagner. Les mannequins dans des attitudes de la vie dite courante piquent de la tête à côté d'une cocotte minute, sont vêtus de pièces disparates et ne font ni rire ni rêver...Pour Christian Lacroix, préférer l'expo au Musée des Arts Décoratifs plutôt que ce "Hyères encore".

Au Bon Marché, rue de Sèvres, entre fringues et canapés, escalier roulant et galerie circulaire, sont exposées çà et là des pièces de jeunes et moins jeunes artistes d'aujourd'hui. Ces oeuvres font partie de la collection du Bon Marché, acheteur avisé, qui en fait profiter ses clients. Qui s'en plaindrait! Il y en a au premier étage, au second et elles sont déplacées, remplacées suffisament souvent pour créer surprise ou comparaison. Reste au chaland pressé à repérer ces icônes, deviner le nom de l'artiste ou l'apprendre et constater que l'art accompagne très bien d'autres préoccupations même les plus mercantiles.Aujourd'hui sont présents Alberola, Rouan et, après quelques semaines avec le paysage effiloché de Carole Benzaken (photo de gauche), comme vu par la fenêtre d'un véhicule rapide effaçant les contours, a pris place un autre, définitivement urbain cette fois, noir et blanc, de Philippe Cognée (photo de droite). Le glacis et le floutage renvoient à cette même fragilité-fébrilité citadine.

Pas de mécénat dans tout cela mais une entreprise de vulgarisation bienvenue dans l'univers de la consomme! 

14/11/2007

Hommage à Frédéric Benrath (par Régine)

e38bb2a414f03650cbb2bc4ce2da9288.jpg366e96be9e572519a8da65875ddff6f2.jpgLe peintre Frédéric BENRATH, renversé par une moto début février, est mort à l'hôpital après deux mois de souffrances physiques et morales. A l'occasion de la donation d'une de ses oeuvres, le Musée de Lyon a tenu à le célébrer par une exposition qui se tient jusqu'au 28 janvier dans la salle 200 du Musée et par une soirée hommage qui a eu lieu le samedi 27 octobre.

Près de 200 personnes, venues de toute la France, avaient voulu être présentes ce soir là en gage de leur admiration pour son oeuvre et de l'attachement à sa personne. L'exposition n'est pas très grande - une douzaine de tableaux choisis avec perspicacité, et quelques aquarelles - mais elle est magnifique. Elle s'ouvre par une toile de 1963 intitulée "Hommage à Gaspard David Friedrich", rappelant dès l'entrée l'attachement de Benrath au romantisme allemand. Elle se poursuit par des oeuvres récentes, échos au superbe triptyque "Le noir de l'étoile" qui a fait l'objet d'une donation au musée. Aux bleux profonds de ce triptyque, d'où sourd une lumière inattendue que l'on retrouve dans la série des "Bougés" ou dans le diptyque "Entre deux détonations d'abîme", répondent des toiles où se dissolvent les jaunes, les roses et les verts". "Il y a un au-delà de la couleur, disait-il, qui rend unique son intensité, sa vibration, sa charge émotionnelle et sa terrible solitude."

Dans une vitrine sont présentées pour la première fois un choix de ce qu'il appelait "Mes cartes postales détournées". Dans la reproduction d'un tableau ancien, souvent à un endroit imprévu, il introduisait une partie d'une de ses propres oeuvres. Elles montrent avec humour, le lien qu'il entretenait avec la peinture classique.

Des aquarelles illustrent la vivacité de son geste et la richesse de sa palette. 

La préoccupation essentielle de ce travail sur la couleur et la lumière qui sous-tend toute son oeuvre et lui donne cette formidable homogénéité, est non pas la recherche d'un équilibre entre l'ombre et la lumière mais celui de leur incessant affrontement. Il est temps de reconnaître que parmi les peintres abstraits de sa génération, cet artiste occupe une place extrêmement originale.

La soirée d'hommage s'est poursuivie dans l'auditorium du Musée par la projection d'un film sur l'artiste, un concert donné par trois musiciens de l'Ensemble intercontemporain dont il était un familier, et par la lecture de textes de poètes qui l'avaient bien connu (Michel Butor, Bernard Noël, Sylvie Fabre G.).

Ce fut une soirée exceptionnelle consacrée à un homme qui ne l'était pas moins.

 Musée des Beaux Arts de Lyon, 20 place des Terreaux. Tel 04 72 10 17 40. Ouvert tous les jours, sauf mardi et jours fériés de 10 h à 18 h. Vendredi de 10 h 30 à 18 h

 

19:00 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (0)