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Geneviève Asse : carnets (par Régine)

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Il y a beaucoup de belles et grandes expositions en ce moment à Paris, mais il y en aussi une petite, tout à fait merveilleuse. Intitulée : Geneviève Asse : carnets, elle occupe une seule salle, celle des donateurs, à la BnF François Mitterand. Elle est organisée à l'occasion de la donation, faite par sa compagne Silvia Baron Supervielle, des 25 carnets de l'artiste dont la plupart ont été réalisés entre 1980 et la fin des années 2000. A la jonction de la peinture, du dessin, de la gravure, ils sont ici présentés en résonnance avec une sélection d'estampes et de livres réalisés avec des poètes issus des collections de la BnF.

 

A la différence des carnets d'autres artistes utilisés pour faire de esquisses ou des études préparatoires, saisir une idée, ceux de G. Asse sont intimement liés à sa recherche picturale. Cheminer entre les vitrines où se déploient ces carnets revient à plonger dans l'intimité de l'artiste. 20250329_152003_edited.jpgEt c'est un pur bonheur de constater à quel point elle explore une multitude de possibilités, celles de la structure et du format des carnets qu'elle utilise, des techniques (huile, papiers découpés et collés, pochoir, crayon), de la mise en page. 20250329_153627_edited.jpgLes 6 carnets exposés ans la première vitrine sont un bon exemple de ces recherches (photo 1) et, à côté, les deux léoporellos, entièrement déployés épuisent l'un le temps d'un geste, l'autre d'un motif souligné d'une très légère ligne rouge (photo 2).

20250329_152545_edited.jpg20250329_152539_edited.jpgSon intérêt pour l'architecture, souvent invisible mais toujours sous-jacent devient parfois plus évident, par exemple dans le dessin d'arcades dans ce carnet de 2001 (photo 3), dans ces deux fines pointes sèches qui encadrent l'aquatinte de 2009 intitulée Architectures (photo 4).

 20250329_153200.jpgMalgré le vocabulaire généralement abstrait de son20250329_153016_edited.jpg œuvre, Geneviève Asse ne se détache pas vraiment de la nature. Des formes sont identifiables, que ce soit dans ses carnets ainsi les bateaux dans Sans titre, Ile aux moines de 1992 (photo 5), l'éventail dans sans titre (non daté) (photo 6) ou les feuilles d'arbre dans la pointe sèche. Les variations infinitésimales de la couleur bleue, si caractéristique de son œuvre, sont inspirées de celles des lumières sur la mer et des cieux de l'Ile au Moines, dans le golfe du Morbihan, où elle avait une maison. Avec les multiples nuances de cette teinte, même dans le format réduit du carnet, elle réussit le tour de force de nous les faire sentir.

20250329_153324_edited.jpgLes grands aplats de bleu quelle peint à l'huile, soit sur la page droite, soit sur les deux pages d'un carnet, sont souvent scindées en deux d'une légère ligne blanche ou noire. Ils font écho à la structure de nombre de ses grandes toiles ou de ses diptyques et même de certaines gravures. Exemple en est donné dans la vitrine comportant les pages peintes, entre 1997 et 2003, dans trois carnets différents et toutes intitulées sans titre (photo 7).

20250329_152916_edited.jpgSi les subtiles nuances de la couleur bleue que Geneviève Asse utilise maquent profondément son œuvres, elle l'embrase d'un léger trait de rouge, couleur qu'elle utilise exclusivement pour accompagner l'ouvrage Les conjuré de Jorge Borges (1990) (photo 8). Ici texte, graphisme, couleur fonctionnent ensemble à la perfection. Cette sensibilité à la poésie se manifeste avec une grande finesse dans les gravures qu'elle exécute pour accompagner les textes des livres ici dépliés : Début et fin de la neige d'Yves Bonnefoy, Ici en deux d'André du Bouchet ou Les fenêtres de Silva Baron Supervielle.

Il émane de l'ensemble des œuvres exposées une quête incessante de la lumière. Une ligne qui traverse la page, un léger estampage de blanc, une pointe de rouge suffisent à la modifier et à la faire irradier. Oui, il serait bien dommage de ne pas voir cette si délicate et subtile exposition.

Geneviève Asse : mes carnets : BnF François Mitterand, Galerie des donateurs - Quai François Mauriac, 75706-Paris (01 53 79 59 59= jusqu'au 25 mai.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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