05.01.2008

ça bouge à la Cité U (par Sylvie)

Les jardins de la Cité universitaire - dans lesquels peu de parisiens osent, à tort, s'aventurer, les ayant catalogués comme résidence fermée au monde - s'offrent un nouveau visage.

Appelons sculptures ces 6d297ec2aaed61a818b8c82db0d5f7ea.jpgéléments campés depuis le 13 décembre aux alentours de la Maison Internationale, face à la station du RER. Et amusons nous de ce travail sur la couleur que nous propose  Pierre Surtel et qui se donne à voir différent à chaque pas.

Cette installation éphémère est composée de  multiples structures verticales de trois à huit mètres de long et de un mètre de large, faites de planchettes de bois espacées de quelques centimètres et dont la face interne est peinte. Ces  paralléllépipèdes ajourés ont chacun une couleur- fluo, rose, jaune, bleue- dont l'ampleur change selon l'angle de vue: avancez et c'est un grand rectangle coloré en cage, bougez encore et ce n'est plus qu'un trait vertical...Un jeu qui rappelle un peu l'art cinétique des années 60.

C'est assez e736fe5b1b2bfb78e3c2c6fb569c22ae.jpggai de jour au soleil. un peu austère dans le gris car le gigantisme de l'enveloppe de bois prend le pas sur la couleur. En revanche, l'éclairage interieur nocturne donne aux couleurs toute leur intensité au dépend des stuctures qui disparaissent alors dans la profondeur de la nuit.

Evidemment de telles formes colossales changent totalement la perception de l'architecture des lieux. Pourtant, en matière de monumentalité, elle est bien là, mais dans le vaste espace du jardin, elle finit par se faire ignorer. Comme quoi une perturbation visuelle peut rappeler une réalité oubliée.

"Claies" , à la Cité Internationale universitaire de Paris, 17 bd jourdan, 75014. Paris Accès libre tlj de 8h à 22h, jusqu'au 20 janvier 2008. Et, du 25/01 au 23/02 à Jussieu.

 

28.11.2007

L'art aux grands magasins (par Sylvie)

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                                                                                                Ils s'y mettent tous, les magasins parisiens, et grâce à eux le quidam n'a pas besoin d'aller au musée pour voir des oeuvres d'art contemporain. Elles viennent à lui, comme le Lagardère du roman d'Alexandre Dumas.

Les galeries Lafayette ont choisi une méthode presque classique. "La galerie des Galeries" est un espace spécifique dédié à l'art contemporain, une galerie-grotte située au premier étage du magasin principal, entre mode et chaussures. A l'automne 2007, "Antidote" présentait une dizaine d'artistes français, confirmés ou émergents, appartenant à la collection de Guillaume Houzé, digne héritier du fondateur du magasin. Emballant, en particulier la sculpture aplatie accrochée au mur de Sylvain Rousseau, tableau-objet gai et ludique, trompe-l'oeil évocateur d'espace....Clin d'oeil à Franck Stella.

Du 21 novembre au 24 janvier 2008, pour la folie de fin d'année en quelque sorte - et l'on en sait l'affluence - va s'y célébrer les 20 ans de création de Christian Lacroix qui a invité trois artistes révélés au festival d'Hyères: David Dubois,Christian Rizzo, danseur chorégraphe et Daniel Firman, pour une histoire de décalages sensé mettre en valeur la transversalité entre mode, arts plastiques et design. On veut bien le croire, mais de là à être convaincue... Personne en tous cas ne semble y gagner. Les mannequins dans des attitudes de la vie dite courante piquent de la tête à côté d'une cocotte minute, sont vêtus de pièces disparates et ne font ni rire ni rêver...Pour Christian Lacroix, préférer l'expo au Musée des Arts Décoratifs plutôt que ce "Hyères encore".

Au Bon Marché, rue de Sèvres, entre fringues et canapés, escalier roulant et galerie circulaire, sont exposées çà et là des pièces de jeunes et moins jeunes artistes d'aujourd'hui. Ces oeuvres font partie de la collection du Bon Marché, acheteur avisé, qui en fait profiter ses clients. Qui s'en plaindrait! Il y en a au premier étage, au second et elles sont déplacées, remplacées suffisament souvent pour créer surprise ou comparaison. Reste au chaland pressé à repérer ces icônes, deviner le nom de l'artiste ou l'apprendre et constater que l'art accompagne très bien d'autres préoccupations même les plus mercantiles.Aujourd'hui sont présents Alberola, Rouan et, après quelques semaines avec le paysage effiloché de Carole Benzaken (photo de gauche), comme vu par la fenêtre d'un véhicule rapide effaçant les contours, a pris place un autre, définitivement urbain cette fois, noir et blanc, de Philippe Cognée (photo de droite). Le glacis et le floutage renvoient à cette même fragilité-fébrilité citadine.

Pas de mécénat dans tout cela mais une entreprise de vulgarisation bienvenue dans l'univers de la consomme! 

27.04.2007

Sur le circuit du tramway

medium_IMG_0547.JPGmedium_IMG_0482.JPGmedium_IMG_0481.JPGLe soir, ou en hiver, l'oeuvre de Claude Lévêque à la porte d'Arcueil - arrêt Montsouris du nouveau T3 parisien - apparait comme un gigantesque paquet-cadeau brillant de mille feux gardé par un austère connifère.

Sa surface d'inox poli et froissé reflète en images furtives les immeubles alentour, les couleurs et les mouvements des vehicules, des feux de circulation, des passants et des nuages... Bien sûr, le petit batiment de pierre des années 30 ( sur l'aqueduc de la Vanne ) semble écrasé par ce diadème surdimensionné qui le coiffe, et bien des voyageurs du tram se demandent ce qu'il cache ou quelle publicté va s'inscrire sur ce panneau d'affichage peu commun.

Et bien non, il ne cache rien, il se montre, comme une boite de patissier entrouverte .Et, abstraction faite de la monumentalité, c'est gai, vivant, urbain et introduit une distance entre le réel et son image.

Mais la vraie réussite, en ces temps de verdure naissante, est à chercher ailleurs qu'en façade. Faites quelques pas sur le côté, dans la rue David Weill et retournez-vous:le vert du feuillage et les vibrations de l'air cliquètent joyeusement sur le métal. Quant à l'arrière, il a été investi par des taggeurs de talent qui, la bombe alerte, ont inscrit en bleu, violet et blanc leur rejet de la norme...pour notre plus grand plaisir visuel.

Un comble pour un artiste dans la mouvance punk et rock!