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10/01/2008

Colette Deblé aux Editions des femmes (par Régine)

79d73372b7d22d55bb1185cf1ebf3b66.jpgCréées en 1973 dans la foulée de 1968 et de la fondation du MLF, les Editions des Femmes, avec la fermeture, quelques années plus tard, de leur librairie de la rue de l'Odéon, avaient disparues de notre paysage quotidien.4f79e3286b440e178c136f08325fe717.jpg

Quarante ans plus tard, elles réapparaissent avec éclat, non seulement en ouvrant une librairie au 33 rue Jacob, mais aussi, au n° 35 dans un ancien magasin de Kilims, un splendide espace galerie.

Pour célébrer ces évènements  Antoinette Fouque, la fondatrice, a demandé à l'artiste Colette  Deblé d'illustrer un agenda pour 2008. Le choix de cette artiste ne pouvait être plus judicieux. En effet, depuis une dizaine d'années Colette Deblé propose une lecture inédite de la représentation de la femme dans l'histoire de l'art ; d'une scène peinte, sculptée ou photographiée, elle en isole l'image et se l'approprie en en redessinant le contour au crayon ou à l'encre de Chine et en la colorant d'une gamme délicate de lavis d'encres diluées. Avec l'acuité d'une enthomologiste, elle a l'art de saisir, avec la pointe de son crayon, la spécificité de chacune d'elle. Les quelques 200 lavis qu'elle a exécutés pour cette entreprise sont exposés là et c'est un enchantement.

Une farandole de femmes aux visages et aux  attitudes d'une infinie variété, et dont les membres tronqués ou les évidemments internes rappellent les statues antiques ou les marionnettes d'Asie, nous communiquent leur vitalité.

Les bleux, les verts, les rouilles, les jaunes, les pourpres, toute une palette de teintes légères et rompues se fondent les unes dans les autres pour notre plus grand plaisir, par la grâce du lavis. De Duras à Sapho, d'Isadora Duncan à Diane ou de Marie Curie à Sainte Cécile ou Simone de Beauvoir et bien d'autres ces portraits semblent flotter dans un univers semé de taches de couleur comme autant de constellations.

L'exposition respecte l'organisation de l'agenda : elle commence par les femmes qui illustrent le mois de janvier pour se terminer par celles qui illustrent le mois de décembre.

 C'est ainsi que nous sommes accueillis par une Ste Lucie (photo 1), extraite d'un tableau d'Oldoni ; les couleurs des longs plis mouvants de sa robe semblent évoluer sous nos yeux. Un portrait de Sapho (photo 2) qui porte à sa bouche une flute à la fois présente et absente, puisqu'elle est faite d'une réserve de blanc dans l'harmonie colorée du vêtement et du visage, clot cette galerie de portraits.

Toutes ces femmes passent sur les pages de l'agenda, évanescentes, rendues parfois à la force de leur personnalité par des citations en bas de pages.

C'est beau, tonique et réjouissant. 

Espace galerie des Editions des Femmes - 35 rue Jacob, 75006-Paris du 14 décembre au 15 février, de 11 h à 19 h. du mardi au samedi.

18:35 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (0)

05/01/2008

ça bouge à la Cité U (par Sylvie)

Les jardins de la Cité universitaire - dans lesquels peu de parisiens osent, à tort, s'aventurer, les ayant catalogués comme résidence fermée au monde - s'offrent un nouveau visage.

Appelons sculptures ces 6d297ec2aaed61a818b8c82db0d5f7ea.jpgéléments campés depuis le 13 décembre aux alentours de la Maison Internationale, face à la station du RER. Et amusons nous de ce travail sur la couleur que nous propose  Pierre Surtel et qui se donne à voir différent à chaque pas.

Cette installation éphémère est composée de  multiples structures verticales de trois à huit mètres de long et de un mètre de large, faites de planchettes de bois espacées de quelques centimètres et dont la face interne est peinte. Ces  paralléllépipèdes ajourés ont chacun une couleur- fluo, rose, jaune, bleue- dont l'ampleur change selon l'angle de vue: avancez et c'est un grand rectangle coloré en cage, bougez encore et ce n'est plus qu'un trait vertical...Un jeu qui rappelle un peu l'art cinétique des années 60.

C'est assez e736fe5b1b2bfb78e3c2c6fb569c22ae.jpggai de jour au soleil. un peu austère dans le gris car le gigantisme de l'enveloppe de bois prend le pas sur la couleur. En revanche, l'éclairage interieur nocturne donne aux couleurs toute leur intensité au dépend des stuctures qui disparaissent alors dans la profondeur de la nuit.

Evidemment de telles formes colossales changent totalement la perception de l'architecture des lieux. Pourtant, en matière de monumentalité, elle est bien là, mais dans le vaste espace du jardin, elle finit par se faire ignorer. Comme quoi une perturbation visuelle peut rappeler une réalité oubliée.

"Claies" , à la Cité Internationale universitaire de Paris, 17 bd jourdan, 75014. Paris Accès libre tlj de 8h à 22h, jusqu'au 20 janvier 2008. Et, du 25/01 au 23/02 à Jussieu.