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10/01/2019

Giacometti, Messager et Montparnasse. (par Sylvie)

Alberto Giacometti,peintre, sculpteur d'origine suisse italienne, fait partie des artistes qui ont choisi de s'installer à Façade Follot-20190106_145715.jpg20190106_142701.jpgCarrelage Follot-20190106_142920.jpgParis dans la première moitié du XX ème siècle et qui ont contribué à en faire un lieu particulièrement riche de culture. Montparnasse fut leur quartier et, encore aujourd'hui, il en a gardé les traces et l'aura. Une Fondation Giacometti est née en 2017 sous l'égide de l'Institut du même nom créé en 2011 grâce au leg d'Annette Giacometti de tout le fond d'atelier de son mai, décédé en 1966. Elle a trouvé place non pas dans l'ancien atelier de l'artiste au 40/46 rue Hyppolyte Maindron dans le quartier Alésia que Giacometti occupa pendant près de quarante ans mais dans celui du décorateur et ébéniste Paul Follot, un des pères du style art-déco, situé le long du cimetière Montparnasse. Cet hôtel particulier de 1912 est couvert en façade de mosaïques et de ferronneries de Bataille de nez-20190106_144059.jpgl'époque (1) et l'intérieur est chaleureusement habité par des bibliothèques L'écureuil-20190106_143922.jpgGiac-tenture-20190106_144235.jpgépousant l'ovale des murs, des vitraux colorés , des tentures murales  (6) et des carreaux de sol dont l'or irradie (3): une merveille de charme intimiste. L'atelier de Giacometti y a été reconstitué avec ses murs peints/gribouillés, des oeuvres en plâtre plus ou moins achevées et tout le matériel du peintre sculpteur (2) . Plus que trois jours pour y voir "Mes chambres", une exposition qui fait dialoguer Annette Messager, plasticienne d'aujourd'hui née en 1943, qui revendique la dimension féminine de son art dans des installations où dominent la laine te le tissu, et le maître des lieux. C'est non sans humour que se font face des oeuvres de chacun d'entre eux. Ici une "Annette debout" ( Annette est le prénom de l'épouse de Giacometti) , un nu en bronze de 1954 tout en finesse, fierté, dépouillement et la "Parade de l'écureuil", 1994, un animal naturalisé pris dans des filets, entravé, d'Annette Messager (5). La "bataille de nez" met en présence l'appendice agressif de quelque Pinocchio  grotesque  créé par Giacometti, plâtre 1947, retranché dans sa cage de métal face à "La mère et l'enfant" 2018, de Messager, en tissu, comme un nounours ou un bébé suspendu au cou de sa mère dont la silhouette de métal évoque au contraire avec poésie une infinie tendresse et toute la vulnérabilité de l'humanité (4). Clin d'oeil à  l'oeuvre surréaliste de Giacometti "La boule sleeping bag", 2018, de Messager est un sac de couchage plié en forme de sexe féminin (7 et 8)A. Messager20190106_144421.jpg sleeping bag.jpg

Institut Giacometti, 5 rue Victor Schoelcher, 75014, Paris. Jusqu'au 13 janvier 2019.  Une autre confrontation s'y tiendra dans quelques semaines.

alberto-giacometti-contemporary-sculpture.jpgPour aller au delà de cet ensemble à deux voix une visite à l'autre exposition Giacometti au L'homme traversant-20190104_165027.jpggiacometti_jean_genet.1280459.jpgmusée Maillol s'impose. Sont présentes une cinquantaine de sculptures mises en regard avec des oeuvres d'autres artistes majeurs comme Rodin, Bourdelle dont Giacometti fut l'élève, Laurens, Maillol, Brancusi, Zadkine...

Le parcours est chronologique, des oeuvres de jeunesse tout à fait classiques à l'influence africaine , au surréalisme -assez peu représenté malgré la présence de l'oeuvre mythique" boule suspendue" (8)- et l'abstraction jusqu'au retour à une certaine figuration.  La femme, cuillère" en plâtre de 1926 et "L'homme traversant une place" ,bronze 1949, (9), voilà deux perceptions de l'humain universel, la pensée  et l'action. Quant aux silhouettes rongées, les traits indéfinis, les postures hiératiques et les cages qui entourent les personnages, même lorsqu'ils sont peints, les enferment dans leur solitude comme ce portrait de Jean Genet (10). Sculptés souvent de mémoire, leur caractère est insaisissable. Les femmes en groupe sur des socles épais, sont élancées, dominatrices ou du moins assurées dans leur être et les hommes, en bustes, semblent écrasés. Toute l'humanité est à saisir dans ces profils où l'angoisse affleure.

Giacometti au Musée Maillol,59-61 rue de Grenelle, 75007 Paris. Prolongation jusqu'au 3 février 2019.

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