Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

21/12/2009

Petites merveilles de fin d'année (par Sylvie)

Il reste peu de temps pour les voir mais entre shopping de Noêl et festivités courrez au Musée de l'Art Moderne de la Ville de Paris et à la galerie Templon.

Au Musée, 11 av. du Président Wilson, 75116 Paris, deux expositions  ménagent de bonnes surprises.

                           luxe_edition_oehlen_artwork dessin.jpgD'Albert Oehlen, un peintre allemand, est présentée une série de grandes toiles récentes, très colorées dans des tons hardis et d' une gestuelle un peu sauvage, très enlevée, faite de balafres et de gribouillages  qui rappellent l'Action Painting sans communiquer tout à fait la même densité psychique.  Des demi-tons crayeux "écrasés" par du blanc ou du gris m'ont fait songer à certaines oeuvres de Cy Twombly, comme un moment de réflexion dans cette peinture rapide.   Mais le plus interessant,ce me semble, reste les dessins de petit format exposés dans la dernière salle. Ce sont des compositions abstraites, essentiellement en noir et blanc où se superposent avec délicatesse collages et médiums divers, créant des dégradés et des contrastes subtils. Ici l'encre de chine, la gouache, le crayon et le Tipp-ex; là l'encre de chine, le crayon sur papier et celluloïd contrecollés; ou là le crayon, l'encre et l'acrylique sur papier. On est pas loin des dessins surréalistes. Quel plaisir de les scruter. Vous avez Jusqu'au 3 janvier 2010.

A côte, "Deadline" se consacre aux derniers travaux de douze artistes contemporains avant leur mort, de maladie ou de vieillesse. C'est émouvant bien sûr, pas trop morbide pour autant du fait de cette vitalité, cette urgence à achever qui est très présente. Certains, regardent la mort en face et la montrent, tel le photographe Robert Mapplethorpe, atteint du sida; d'autres font oeuvre de la dégradation de leur corps  comme Hannah Villiger, Jörg Immendorff ou chen Zen, et c'est à la limite du supportable. Plus souvent les artistes poursuivent juqu'au bout leurs expérimentations plastiques. Certains y perdent de leur puissance ( Willem de Kooning atteint de la maladie d'Alzheimer), d'autres exploitent de nouveaux thèmes ou de nouveaux outils ( Gilles Aillaud, Hans Hartung). Fidèle à ses recherches, l'israelien Absalon, atteint du sida, perpétue dans ses vidéos un univers clinique. La perspective de la mort développe chez lui une révolte 007.JPGet une violence magistralement transmise à travers une vidéo en noir et blanc: tel un danseur, Absalon ferraille, boxe dans le vide, indéfiniment, contre un adversaire ou des murs invisibles. Cette "Bataille" (1993) semble une lutte contre le monde et contre la maladie. Graphique, dépouillée, poignante: je suis restée collée à l'écran (on peut voir des extraits de cette video sur paris.fr; voir le lien) retrouvant la même sensation d'impasse et de captivité traduite par Pierre Rigal dans son sepectacle "Press" (hélas terminé) au théatre de la Cité Universitaire                     Jusqu'au 10 janvier 2010.

Dernière étape - mais le champ est ouvert - l'exposition Philippe Cognée 19-12-2009 19;31;12.jpgPhilippe Cognée à la galerie Templon. Sous le titre "Passages" voilà quelques très grands formats, toujours aussi troublés et troublants d'univers urbains. Interessé par l'architecture et les lieux de transit, Cognée déstructure et transforme les motifs en images-souvenirs, approximatives, embuées, presque abstraites. Sa technique est bien connue maintenant. Elle continue à surprendre: oeuvrant à partir de photos ou de films-vidéo, il utilise une peinture à l'encaustique (cire d'abeilles et pigments) qu'il passe au pinceau, recouvre d'un film plastique et repasse - oui, au fer à repasser. La cire fond, se déforme et floutte l'image qui apparait dans une richesse de matière presque voluptueuse. Est-ce une apparition ou une disparition?

galerie Daniel Templon, 30 rue Beaubourg, 75003 Paris. Jusqu'au 31 décembre 2009.

Les commentaires sont fermés.